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Newsletter Mai 2026

En Irak, une jeune fille de 15 ans assassinée pour avoir refusé un mariage forcé

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Le 13 mai, le site Kurdistan24 dévoile le meurtre de Kawthar Bashar AlHusayjawi, une jeune fille âgée de 15 ans tuée par sa famille au nom de l’honneur, pour avoir refusé un mariage forcé avec un de ses cousins. Kawthar avait déjà été contrainte d’abandonner l’école à l’âge de 13 ans afin d’épouser un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Après plusieurs années marquées par des violences conjugales, elle avait finalement obtenu le divorce.

Peu après, sa famille avait tenté de la marier à nouveau, cette fois à un cousin récemment sorti de prison. Face à son refus, elle avait été fiancée contre son gré avant de disparaître puis d’être assassinée par des membres de sa famille dans ce qu’ils ont présenté comme un acte destiné à « laver l’honneur » familial. Certains proches ont non seulement revendiqué ce meurtre mais l’ont également célébré comme un motif de fierté. Si la législation irakienne criminalise les homicides, y compris ceux commis au nom de l’honneur, les associations dénoncent une application inégale de la loi, des enquêtes insuffisantes et la difficulté pour les victimes de trouver protection face aux pressions familiales et communautaires.

Source : The Guardian

Photo : Kawthar Bashar al-Husayjawi © The Guardian

En Afghanistan, un nouveau décret facilite le mariage d’enfant

Le 14 mai, le gouvernement des talibans en Afghanistan a publié un décret intitulé « la séparation judiciaire des époux », fixant les conditions du divorce devant les tribunaux. Ce décret stipule à l’article 5 que « À la puberté, la mineure peut dissoudre son mariage » faisant référence aux mariages arrangés, mais indiquant que jusqu’à cet âge une jeune fille ne peut demander le divorce, et que si une fille ne s’oppose pas formellement à son mariage à la puberté, son silence vaut consentement. Les défenseurs des droits humains et des femmes en Afghanistan affirment que ce décret légitime le mariage d’enfant et restreint le principe du libre consentement au mariage. Plus de 100 organisations de défense des droits humains et des droits des femmes ont conjointement appelé à l’abrogation immédiate de ce texte tandis que des experts indépendants des Nations Unies ont condamné les autorités afghanes qualifiant cette mesure de violation grave et systématique du droit international relatif aux droits de l’Homme.

Source : Courrier International

En Suède, le parlement adopte une loi pour lutter contre les violences et l’oppression fondées sur l’honneur.

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Le 26 mai, le parlement suédois a adopté une nouvelle législation interdisant les mariages entre cousins et autres proches familiaux, dans le cadre de dispositions législatives intitulées « Renforcement des lois contre la violence et l’oppression liées à l’honneur ». Cette réforme a pour objectif de combler certaines lacunes de la législation actuelle afin d’améliorer la protection des victimes, tant sur le plan pénal que civil, face à certaines formes de mariages.

La réforme prévoit notamment la création d’une nouvelle infraction pénale visant les déplacements d’enfants à l’étranger dans le but de les marier, un durcissement des sanctions pour les auteurs de mariage forcé et l’interdiction de reconnaître dans le pays les mariages contraires à la législation suédoise contractés à l’étranger (mariage forcé, d’enfant, polygames, entre proches…). Enfin, cette loi instaure l’interdiction totale du mariage entre membres d’une même famille y compris les demi-frères et demi-sœurs. Le large consensus autour de cette loi a permis une validation plus rapide par le Parlement, sans passer par un recours au vote électronique. La loi entrera en vigueur le 2 juillet prochain.

Source : La Presse

Photo : Le parlement suédois en séance © Jonathan NACKSTRAND

En Inde, de nouvelles statistiques révèlent une baisse du mariage d’enfant

Le 30 mai, The Economic Times a relayé les premiers résultats de la sixième édition de l’enquête nationale sur la santé familiale (National Family Health Survey – NFHS-6), qui montrent une baisse du mariage des enfants en Inde. Selon ces données, la proportion de femmes âgées de 20 à 24 ans ayant été mariées avant l’âge de 18 ans est passée de 23,3 % en 2019-2021 à 20,1 % en 2023-2024. Cette évolution témoigne d’un recul progressif de cette pratique, mais les chiffres restent préoccupants. La situation met également en évidence une forte dimension de genre : tout d’abord, l’âge légal des femmes en Inde pour se marier est de 18 ans contre 21 ans pour les hommes, et les hommes âgés de 25 à 29 ans mariés avant 21 ans représentent 15,9% de la population. Un autre indicateur important à noter, est la répartition de ces chiffres entre les zones rurales et urbaines : ces études constatent que 23,3% des femmes de territoire rural ont
été mariées avant 18 ans contre 11,4% dans les territoires urbains. Si ces nouveaux chiffres confirment une tendance à la baisse du mariage d’enfant en Inde, ils rappellent également que cette pratique continue de toucher des millions de filles et demeure un enjeu majeur de lutte contre les violences de genre et les atteintes aux droits des enfants

Source : The Economic Times