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Notre boîte à outils

Voix De Femmes Pictogrammes Boite À Outils

Les outils créés par Voix de Femmes

Les outils pédagogiques sont essentiels dans la lutte contre le mariage forcé. Ils permettent de faciliter le repérage des situations ainsi que la communication entre les professionnel.les, les allié.e.s et les jeunes victimes.

Voix de Femmes a créé de nombreux outils. Certains sont disponibles sur le site internet, d’autres sur demande auprès de l’association.

Les outils à télécharger gratuitement sur le site

Voix De Femmes Quel Choix Face A Un Mariage Force
Recueil de témoignages Voix de Femmes, quel choix face à un mariage forcé ?
Ce recueil donne la parole à des jeunes femmes ayant survécu au mariage forcé à travers des témoignages inspirants et éclairants
Adric Vdf Couvguide 724x1024
Guide Libre Choix Amoureux et Autonomie des Jeunes (ADRIC)
Ce guide est un outil à destination des professionnels, pour un repérage et un accompagnement global et efficace Ce guide propose, pour les entretiens avec des victimes potentielles, des outils facilitant la prise de parole de celles-ci et leur communication avec le professionnel concerné.

Les outils disponibles sur demande

Les outils pédagogiques sont essentiels dans la lutte contre le mariage forcé. Ils permettent de faciliter le repérage des situations ainsi que la communication entre les professionnel.les, les allié.e.s et les jeunes victimes.

Voix de Femmes a créé de nombreux outils. Certains sont disponibles sur le site internet, d’autres sur demande auprès de l’association.

Contact
  • Livre-Documentaire-CD « Nos cœurs nous appartiennent »
    Cet outil constitue un recueil de textes de slams écrits et déclamés permettant de dénoncer le mariage forcé. Il a été réalisé dans le cadre d’un projet associant jeunes, artistes et professionnels associatifs. Cet outil est disponible en prêt uniquement.
  • Film et livret pédagogique « L’été de Noura »
    Primé dans le cadre de plusieurs festivals, le film L’été de Noura retrace le parcours d’une jeune fille depuis l’obtention de son baccalauréat jusqu’à la décision familiale de lui imposer un mariage de force.
    L’association diffuse gratuitement le DVD à raison d’un exemplaire par structure sous condition d’envoi une enveloppe timbrée au tarif de 3,15 euros.
  • Outil « Conduite d’entretien pour déjouer la stratégie de l’agresseur »
    A destination de l’ensemble des allié.e.s de la jeune victime de mariage forcé (professionnel.le.s et entourage), cet outil est un guide accompagnant chacun.e dans l’accueil de sa parole et donne des outils pour faciliter les échanges sur les stratégies possibles de résistance. Il met en parallèle les stratégies de l’agresseur et les réponses adaptées pouvant être formulées à chaque étape par l’allié.e.
    Cet outil est disponible sur demande formulée auprès de l’association uniquement.
  • Atelier LINA
    Ce premier outil interactif de sensibilisation propose une immersion dans le parcours d’une personne confrontée à un mariage forcé. Tout au long du jeu, les participant.e.s sont amené.e.s à prendre des décisions comme s’iels étaient directement concerné.e.s. A chaque étape du parcours, chaque choix confronte les joueurs.euses à la réalité complexe de cette violence et les amène à des situations différentes selon leurs décisions. L’objectif est double : faire ressentir la dureté et l’ambivalence de ces situations tout en informant sur les dispositifs de protection existants.
    Ce jeu interactif est disponible sur demande formulée auprès de l’association uniquement, en grand format ou en format distanciel. 
  • Outil « Ecouter sans stigmatiser, c’est possible ! » 
    A destination des professionnel.le.s susceptibles d’accompagner des victimes de mariage forcé, cette fiche pratique permet de sensibiliser aux bonnes pratiques et aux bons discours à tenir envers les victimes afin de ne pas les stigmatiser et les brusquer.  Le guide met en parallèle trois discours : « ce que les victimes disent », ce que « certains seraient tentés de dire » et ce que chez Voix de Femmes, « on préféra dire ». Le guide permet de lutter contre les préjugés associés au mariage forcé et de sensibiliser à la réalité de celui-ci. 
    Cet outil est disponible sur demande formulée auprès de l’association uniquement.

Les outils créent par les partenaires de Voix de Femmes

Manuel Persecution Genre Dec2017
Manuel du GISTI sur les persécutions liées aux genre
pour les personnes qui accompagnent des victime dans leur demande d’asile
3 Livret Anna Vsc Janvier 2023
Le kit « mariage forcé »
 disponible sur le site « Arrêtons les violences »
En collaboration avec nos partenaires, nous avons également construit le « Conscientomètre », un outil de repérage du mariage forcé.
Conscientomètre

Nos ressources pour aller plus loin

Engagée depuis 25 ans dans la lutte contre le mariage forcé et le continuum des violences commises au nom de l’honneur, Voix de Femmes a renforcé son expertise au fil des années.

Notre expertise s’applique à la fois à l’accompagnement des victimes et à la prévention, au cadre législatif, aux politiques nationales, européennes et internationales, ainsi qu’à une analyse des facteurs sociaux et anthropologiques du mariage forcé.

Vous trouverez dans cette rubrique de nombreux guides, études et enquêtes que nous avons réalisés ou co-réalisés afin de développer une meilleure connaissance des violences liées au mariage forcé et à « l’ honneur » et d’œuvrer à leur reconnaissance.

Pour compléter cette rubrique et dans le cadre d’un projet d’appel à communication, Voix de Femmes a réalisé un repérage des travaux existants sur le mariage forcé, en France et à l’étranger. De manière non-exhaustive, vous trouverez ci-dessous une partie des travaux majeurs que nous avons recensés en mars 2026.

La plupart des recherches et études consacrées au mariage forcé ont été produites entre 2010 et 2015. Au cours de cette période, les travaux universitaires se sont majoritairement concentrés sur des approches juridiques ou migratoires. Ils abordent ainsi le phénomène non pas pour lui-même, mais à travers le prisme d’autres disciplines, contribuant parfois à la reproduction de certains préjugés qui lui sont associés.

Les travaux français analysent majoritairement la pratique du mariage forcé au sein des populations migrantes. Dans les années 2000-2010, Abdelhafid Hammouche a ainsi consacré de nombreuses recherches et publications à ce sujet, adoptant une perspective sociologique centrée notamment sur le rôle de la famille dans les dynamiques du mariage forcé[1].

Il est également intéressant de noter que les travaux canadiens consacrés au mariage forcé ont été réalisés en grande majorité au Quebec et portent, là encore, sur la question migratoire, notamment à Montréal. Toutefois, les recherches québécoises témoignent également d’un intérêt marqué pour les dimensions juridiques, tant à l’échelle nationale qu’internationale [2].

Quant aux travaux anglophones, ils ont été principalement réalisés en Angleterre et privilégient, eux aussi, une approche essentiellement juridique du phénomène [3]. On retrouve néanmoins certains travaux américains portant sur la question du mariage forcé, mais ceux-ci restent également abordés de manière relativement restreinte. L’objectif est généralement de comprendre ce phénomène à travers le prisme de populations dites « marginales », notamment les communautés mormones. Certains de ces articles s’intéressent plus particulièrement aux pratiques polygames au sein de ces communautés, impliquant de jeunes adolescentes, souvent mineures, et dénoncent ces situations comme des formes de mariage forcé[4]. Cependant, certains travaux proposent une recherche plus approfondie sur le mariage forcé de manière globale, visant à développer des connaissances et une expertise sur cette pratique. À titre d’exemple, l’article « Custom or Crime? Catalysts and Consequences of Forced Marriage » analyse le mariage forcé en cherchant à en donner une définition claire, à le distinguer des mariages arrangés ou du consentement culturel, et à explorer les facteurs qui conduisent à ces pratiques ainsi que leurs conséquences pour les victimes.

A cette époque, l’INED avec Christelle Hamel publie trois études sur le mariage forcé [5] :

  • « Immigrées et filles d’immigrés : le recul des mariages forcés » (2011);
  • « De la diversité des formes d’atteinte au consentement : les contours du mariage forcé » (2013) ;
  • « Mesurer les mariages forcés : l’appréhension du consentement dans deux enquêtes quantitatives ».

Dans cette dernière étude, l’autrice souligne que ce phénomène demeure difficile à appréhender sur le plan quantitatif, ce qui rend nécessaire le recours à des dispositifs d’enquête qualitatifs afin d’en mesurer l’ampleur. Les travaux de Christelle Hamel introduisent par ailleurs des notions centrales telles que le consentement, les violences et le genre. Il s’agit ainsi de penser le mariage forcé pour lui-même, en tant que forme de violence de genre inscrite dans des structures sociales patriarcales.

Toutefois, dans la majorité des études menées dans les années 2010-2015, le mariage forcé se retrouve pensé sous l’angle d’une pratique culturellement et socialement située, ayant reculée du fait d’un plus haut niveau d’éducation et donc représentant de moins en moins un enjeu global. Si l’on peut évoquer une recrudescence des travaux universitaires francophones sur le mariage forcé dans les années 2010 cela peut être dû à la signature de la convention d’Istanbul par la France en 2011 ou l’affaire Shafia de 2009 au Canada . Or, dix ans plus tard, les études de genre ont largement travaillé et affiné les recherches sur les questions d’égalité, à la lumière de plusieurs “moments sociaux” absolument cruciaux pour les milieux féministes, tel que #MeToo ou plus récemment l’affaire des viols de Mazan.

En effet, dès 2018 l’article « Understanding Forced Marriage in the United States: Developing Measures, Examining its Nature, and Assessing Gender Disparities » [6] se présente la première étude d’envergure portant sur le mariage forcé aux États‑Unis. Il met en évidence que le mariage forcé, souvent lié à des pressions familiales ou culturelles, affecte à la fois hommes et femmes, s’accompagne fréquemment de violence psychologique et révèle la nécessité de mesures fiables et de programmes de soutien ciblés prenant en compte les disparités de genre.

De plus, les travaux beaucoup plus récents des années 2025-2026 témoignent clairement de ce changement de perspective et d’une volonté affirmée d’appréhender le mariage forcé comme une forme de violence de genre, dans le but d’élaborer des stratégies de prévention et d’intervention adaptées. À ce titre, l’article anglophone « Missing pieces: A critical review of research on forced marriage and a call for family scientists to study forced marriage »[7] publié en 2025 est particulièrement intéressant en ce qu’il cherche justement à éclairer la situation de la recherche académique sur le mariage forcé. En recensant les travaux existants, l’article montre que jusqu’à présent les études ont appréhendé cette pratique en l’associant à certaines cultures et religions, traitant le mariage forcé comme le « problème des autres ». Il urge ainsi à étudier le mariage forcé dans une dimension plus structurale des inégalités sociales ainsi qu’en appréhendant les formes de résistantes et de résiliences des victimes-survivantes.

En 2026, plusieurs publications mettent l’accent sur la dimension de genre et sur les inégalités structurelles liées au patriarcat. L’article « ‘Thousands of years of misogynistic practices’: examining the context and complexity of forced marriage in young women’s lives »[8] analyse les parcours de femmes mariées de force ou exposées à ce risque, dans un contexte de contrôle social, familial et genré. De même, le livre « Understanding forced marriage: Prevention and legal protections »[9] cherche à combler une lacune dans la compréhension du phénomène, en proposant des outils juridiques visant à soutenir la reconstruction des victimes-survivantes.

Enfin, d’autres publications en 2026 intègrent également la notion de genre et de violences envers les femmes dans leur analyse du mariage forcé mais restent toutefois géographiquement situées[10], et ne répondent donc pas à la nécessité d’ouvrir le débat du mariage forcé comme un phénomène non pas « des autres » mais d’une société patriarcale globalisée.

NOTES DE BAS DE PAGE

[1] NEYRAND, G. ; HAMMOUCHE, A. ; MEKBOUL, S. 2008. Les mariages forcés. Conflits culturels et réponses sociales, Paris, La Découverte.

Hammouche, A. (2010). Mariage romantique, mariage planifié, mariage forcé : un enjeu intergénérationnel en situation migratoire. Dialogue, 187(1), 47-58. https://doi.org/10.3917/dia.187.0047

[2] Jimenez, Estibaliz, et al. “LE MARIAGE FORCÉ PEUT-IL ÊTRE UNE FORME DE TRAITE EN VERTU DU PROTOCOLE ADDITIONNEL À LA CONVENTION DES NATIONS UNIES CONTRE LA CRIMINALITÉ TRANSNATIONALE ORGANISÉE VISANT À PRÉVENIR, RÉPRIMER ET PUNIR LA TRAITE DES PERSONNES, EN PARTICULIER DES FEMMES ET DES ENFANTS ?.” Revue québécoise de droit international / Quebec Journal of International Law / Revista quebequense de derecho internacional, volume 24, number 2, 2011, p. 91–111.

Lamboley, Madeline, et al. “L’approche intersectionnelle pour mieux comprendre le mariage forcé de femmes immigrantes à Montréal.” Nouvelles pratiques sociales, volume 26, number 2, spring 2014, p. 127–141.

Lamboley, Madeline, et al. “Le mariage forcé au Canada : la criminalisation, une solution ?” Criminologie, volume 46, number 1, spring 2013, p. 179–198. https://doi.org/10.7202/1015298ar

Lamboley, Madeline « Le mariage forcé de femmes immigrantes au Québec », Université de Montréal, 2016.

[3] Gill, Aisha et Anitha, Sundari. « Forced Marriage: Introducing a Social Justice and Human Rights Perspective », Zed Books London & New York, 2011. Gill, Aisha et Anitha, Sundari. « Coercion, Consent and the Forced Marriage Debate in the UK » in Marital rights, 2017.

[4] Kent, Stephen A. « A Matter of Principle: Fundamentalist Mormon Polygamy, Children, and Human Rights Debates », Nova Religio (2006) p.7–29.

Zeitzen, Miriam Koktvedgaard. “Claiming the Right to Polygamy: Fundamentalist Mormon Challenges to North American Legal Cultures.” Contemporary Gender Relations and Changes in Legal Cultures, 2013, pp. 59‑81.

[5] Hamel, C. (2011). Immigrées et filles d’immigrés : le recul des mariages forcés. Population & Sociétés, 479(6), 1-4.

Abu Amara, N., Guiné, A. et Hamel, C. (2013). De la diversité des formes d’atteinte au consentement : les contours du mariage forcé. Sociétés contemporaines, 90(2), 81-105.

Hamel, C. (2008). Mesurer les mariages forcés : L’appréhension du consentement dans deux enquêtes quantitatives. Migrations Société, 119(5), 59-81.

[6] Alanen J. (2011). Forced marriage laws of the U.S. states and territories. Global Justice Initiative.

[7] Ford, J. V., Shah, A., Reiss, F., & Hirsch, J. S. (2025). Missing pieces: A critical review of research on forced marriage and a call for family scientists to study forced marriage. Journal of Family Theory & Review, 17(3), 636–655.

[8] Vidal, L. (2026). ‘Thousands of years of misogynistic practices’: examining the context and complexity of forced marriage in young women’s lives. Journal of Gender-Based Violence (published online ahead of print 2026). Retrieved Apr 2, 2026.

[9] Anitha, S., & Gill , A. K. (2026). Understanding forced marriage: Prevention and legal protections. University of Bristol Press.

[10] Shilan Fuad Hussain. « Arranged servitude: How forced marriages violently confine women », Women’s Studies International Forum, Volume 116, May–June 2026.

Hamamra, B. (2026). Gendered technologies of genocide: Forced marriage and the collapse of protection for Gazan girls. Asian Journal of Women’s Studies, 32(1), 25–46.

Accéder au fond documentaire sur le mariage forcé