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Newsletter Février 2026

Depuis 1998, Voix de Femmes lutte contre le mariage forcé et pour la défense de la liberté d’aimer. Voix de Femmes est une association féministe, intersectionnelle et interculturelle. L’association promeut le droit à disposer de soi-même, la non-violence et l’égalité femmes-hommes.

Une jeune femme mariée de force au Pakistan obligée de rester avec son kidnappeur

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Le 3 février 2026, la Cour constitutionnelle fédérale du Pakistan (FCC) a accordé la garde de Maria Shahbaz, une jeune fille de 13 ans, à son ravisseur et époux forcé, Shehryar Ahmad, en rejetant l’acte de naissance attestant de sa minorité. Issue d’une famille chrétienne, Maria Shahbaz avait été kidnappée le 29 juillet 2025 alors qu’elle quittait son domicile.

Les parents de l’adolescente ont immédiatement saisi la justice, présentant son acte de naissance afin d’établir qu’elle était mineure au moment des faits. Malgré ce document officiel, la juridiction a rejeté l’acte de naissance, écartant ainsi la preuve de son âge et ignorant des conclusions judiciaires antérieures qui estimaient le mariage illégal. Cette affaire met en lumière une réalité préoccupante au Pakistan : les enlèvements, conversions et mariages forcés visant des jeunes filles issues de minorités religieuses. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, près de 1 000 jeunes filles et femmes, principalement chrétiennes et hindoues, seraient, chaque année, victimes de mariages forcés avec des hommes souvent beaucoup plus âgés.

Source : Atlantico

Témoignage de Rachida Dati sur son mariage forcé en Algérie

Le 12 février 2026, la politicienne Rachida Dati s’est livrée sans filtre dans le podcast Ex… d’Agathe Lecaron, revenant pour la première fois publiquement sur un épisode douloureux de sa vie : un mariage forcé. Invitée à parler de son parcours personnel, Rachida Dati a raconté qu’en 1992, elle avait été mariée à un homme qu’elle ne connaissait pas, en Algérie, sous la pression de son entourage. Selon ses confidences, elle n’était pas en mesure de dire « oui » lors de la cérémonie et ne cessait de pleurer, tant elle se sentait contrainte mais a fini par le prononcer face aux multiples pressions qu’elle subissait. Si elle ne donne pas davantage de détails sur l’identité de cet homme, elle assure néanmoins avoir réussi, après 3 ans de vie conjointe forcée, à faire annuler ce mariage et à s’en libérer, soulignant le long chemin de reconstruction qu’elle a dû affronter par la suite.

Source : Marie Claire

Reportage de la BBC sur le rôle du football dans la lutte contre le mariage forcé en Inde

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Le 20 février 2026, la BBC a publié un reportage mettant en lumière le rôle du football dans la lutte contre les mariages précoces et forcés en Inde. Malgré la loi indienne fixant l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles et 21 ans pour les hommes (pour laquelle nous pouvons déjà dénoncer une inégalité de genre), selon l’UNICEF 25% des femmes indiennes entre 20 ans et 24 ans ont été mariées avant l’âge légal et de manière forcée.

L’article de la BBC met en avant le parcours de deux sœurs, Nisha et Munna Vaishnav, qui ont trouvé dans le football un moyen de résister. Toutes deux ont été confrontées à un risque de mariage forcé : Nisha à seulement 14 ans, Munna à 18 ans. Pourtant, leur engagement dans la pratique du football a modifié cet avenir annoncé. Bien que dans leur village, voir des jeunes filles pratiquer un sport est déjà en soi un acte transgressif (jouer en short, s’entraîner en public) cette image de jeunes femmes « moins conformes » aux attentes traditionnelles ont permis d’échapper aux pressions matrimoniales qu’elles subissaient.

Source : BBC (EN)

Nouvelle directive au Royaume-Uni pour mieux poursuivre les abus liés au mariage forcé

Le 26 février 2026, le Crown Prosecution Service (CPS), autorité de poursuite en Angleterre et au Pays de Galles, a publié une version actualisée de ses lignes directrices internes (“guidance”) relatives aux violences dites « fondées sur l’honneur », élargissant leur définition et leur champ d’application. Cela dans le but d’aider les procureurs à mieux qualifier, poursuivre et protéger les victimes dans des situations souvent complexes et difficiles à établir. À ce titre, le 23 février, le gouvernement avait déjà introduit une définition légale de “honour-based abuse” dans le Crime and Policing Bill. Et depuis le 26 février, sont désormais incluses dans cette définition les pratiques préjudiciables telles que les abus liés à la dot des mariages, l’exploitation en lien avec le statut migratoire, l’abandon transnational dans le cadre du mariage, ainsi que les abus spirituels ou rituels, les tests de virginité et l’hyménoplastie. Les lignes directrices reconnaissent le lien étroit entre les violences dites « fondées sur l’honneur » et ces pratiques néfastes, soulignant l’importance pour les procureurs de prendre en compte la pression familiale, les attentes culturelles et le contrôle coercitif lors des décisions de poursuites et de la constitution des dossiers.

Source : GOV.UK (EN)