Sortie du rap « Can someone find my friends » de Sonita Alizadeh

Le 9 avril 2026, la rappeuse afghane Sonita Alizadeh a dévoilé son nouveau titre Can Someone Find My Friends, une chanson engagée en soutien aux filles et aux femmes en Afghanistan, privées de leurs droits fondamentaux. Âgée de 30 ans, l’artiste est née en Afghanistan dans une famille modeste de huit enfants. Son parcours est marqué par la violence des mariages forcés : sa mère elle-même a été mariée à 12 ans, et Sonita a échappé à deux tentatives de mariage durant son enfance.
À 9 ans, sa famille prévoit de la marier, mais la guerre les contraint à fuir en Iran. À 13 ans, une nouvelle tentative a lieu : elle est promise contre 9 000 dollars. Elle parvient à y échapper grâce à l’intervention de la documentariste Rokhsareh Ghaem Maghami. Installée à Téhéran, elle reprend ses études avec le soutien d’une ONG. En 2014, elle se fait connaître à l’international avec sa chanson Daughters for Sale (« Filles à vendre »), dénonçant le mariage des enfants et les violences de genre. Ce succès lui ouvre les portes d’études aux États-Unis, puis au Royaume-Uni. Aujourd’hui, Sonita Alizadeh continue de porter la voix des femmes afghanes réduites au silence. Engagée aux côtés de nombreuses organisations, elle dénonce ce qu’elle qualifie « d’apartheid de genre » et poursuit son combat à travers sa musique.
Source : TV5 Monde
Suite de la proposition de loi visant à mettre fin au « devoir conjugal »
Le 9 avril 2026, le Sénat a adopté la proposition de loi transmise par l’Assemblée nationale le 29 janvier dernier. Après plusieurs modifications, les sénateurs ont validé le texte, estimant que l’importance des décisions de la Cour européenne des droits de l’homme justifiait son inscription dans le droit français. Pour rappel, une décision rendue en 2025 par la Cour européenne des droits de l’homme a affirmé qu’aucun motif ne peut justifier de passer outre le consentement d’une personne dans les relations sexuelles, y compris au sein du mariage. Cette position a conduit à remettre en question la notion implicite de « devoir conjugal ». Le texte adopté par le Sénat introduit plusieurs ajustements :
- Il modifie l’article 215 du Code civil en précisant que la communauté de vie entre époux n’implique pas une obligation de consentir à des relations intimes.
- Il abandonne l’idée d’interdire explicitement les divorces pour faute fondés sur le refus de relations sexuelles.
- Il réaffirme clairement que le mariage ne crée aucune obligation d’avoir des relations sexuelles entre époux.
Cette évolution marque une étape importante dans la reconnaissance du consentement au sein du couple et dans l’adaptation du droit français aux standards européens. Une avancée législative notable, même si elle intervient tardivement.
Source : SENAT
Au Niger, un village s’unit contre le mariage forcé de Fatchima, 13 ans
Le 11 avril 2026, le média Air Info a publié un reportage relatant l’histoire de Fatchima, une jeune fille de 13 ans originaire de Baouréwa, au Niger. Promise à un mariage forcé avec un cousin plus âgé, elle avait été déscolarisée et vivait cette situation avec une profonde détresse. Refusant ce destin, Fatchima se confie à ses amies, qui alertent le Comité villageois de protection de l’enfant (CVPE). Dès lors, une mobilisation collective s’organise pour empêcher ce mariage. Actif depuis près de quatorze ans, le comité intervient auprès des parents pour les sensibiliser aux conséquences du mariage précoce : risques sanitaires pour la mère et l’enfant, abandon scolaire, mais aussi impacts sociaux durables. Le chef du comité rappelle notamment que la place d’une fille de 13 ans est à l’école, évoquant « une perte énorme pour toute la communauté ». La mobilisation s’étend également à la sphère religieuse. À la mosquée du village, l’imam Malam Ibrahim prend la parole pour dénoncer les effets néfastes du mariage des enfants, en insistant sur des principes essentiels tels que le consentement, la maturité et le bien-être de la jeune fille. Face à cette prise de conscience collective, la pression sociale change de camp, conduisant à l’abandon du projet de mariage.
Source : Air Info
Au Pakistan, une loi de protection contre les conversions et mariage forcé des jeunes filles

Le 13 avril 2026, un comité de la province du Pendjab (Punjab) au Pakistan a approuvé le projet de loi intitulé Punjab Child Marriage Restraint Bill 2026. Ce texte vise à renforcer la protection des jeunes filles, en particulier celles issues de minorités religieuses comme les chrétiennes, souvent victimes de conversions forcées et de mariages précoces. Lors des délibérations, les membres du comité ont souligné que cette loi a pour objectif de lutter contre les mariages de mineurs, de réduire les inégalités de genre et de renforcer les mécanismes de protection de l’enfance dans la province.
Le projet de loi propose notamment de fixer à 18 ans l’âge minimum légal du mariage, aussi bien pour les garçons que pour les filles. Il qualifie le mariage d’enfant d’infraction pénale grave, passible de poursuites sans possibilité de libération sous caution ni de règlement à l’amiable, avec des sanctions financières importantes. Le texte prévoit également de criminaliser le trafic d’enfants lié au mariage et d’engager la responsabilité des parents ou tuteurs qui facilitent ou n’empêchent pas ces unions illégales.
Source : Morning star news
Photo : Punjab Assembly Standing Committee on Local Government and Community Development meeting on April 13, 2026. (Punjab Assembly Facebook)
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